Activités 2013

Activités 2013

L’entrée aux conférences est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

Pour les sorties, une participation peut être demandée (guide, conférencier, restauration). Afin de préparer au mieux les sorties, l’inscription est obligatoire.

Comptes-rendu des activités

 

Samedi 19 janvier : M. Claude MARRO, Naître, vivre et mourir à Saint-Vallier au XVIIIe siècle, d’après les registres paroissiaux.

Par ses caractères démographiques, Saint-Vallier ne se distingue pas de la plupart des villages provençaux. C’est une population jeune : la moitié a moins de vingt-cinq ans, un quart moins de douze ans. Dans son évolution générale au cours du siècle, elle ne s’écarte pas de l’ensemble de la Provence : une augmentation importante jusque vers 1740, une mortalité sujette à des crises dans la deuxième moitié du siècle et aboutissant à une diminution du nombre d’habitants.
Une constante apparaît dans cette société rurale, le mouvement saisonnier des conceptions d’une population soumise aux impératifs du calendrier agricole : l’étiage correspond aux travaux des champs, de juillet à septembre, les conceptions les plus nombreuses ont lieu au printemps et dans une moindre mesure en hiver.
Les enfants sont baptisés dans un délai très court, au plus tard le surlendemain de leur naissance, assez souvent le jour même, le risque de mortalité périnatale étant élevé. Acte social, le choix de ses parrain et marraine est l’occasion de resserrer les liens familiaux ou de chercher la protection d’un personnage influent. Parrains et marraines sont choisis à parts à peu près égales du coté paternel et maternel, avec une légère prédominance de la branche maternelle, en particulier en ce qui concerne les marraines. Père et mère spirituels, le parrain et la marraine doivent pouvoir remplacer les  parents naturels en cas de défaillance ou de décès de ceux-ci. C’est pourquoi ils sont choisis le plus souvent dans une classe d’âge qui leur permet d’exercer ce rôle. La même volonté de former une famille de substitution explique que, apparentée ou non à la famille de l’enfant, la marraine soit souvent l’épouse du parrain ou sa sœur, appartenant donc à la même génération, mais plus rarement sa fille ou sa mère. Les métiers des parrains ne correspondent pas à la réalité sociale du village, et des professions urbaines apparaissent en raison de la proximité de Grasse, tout comme la mention de quelques nobles, étrangers au village puisque Saint-Vallier est une seigneurie ecclésiastique. La quasi-totalité des enfants reçoit le prénom ou un combiné du prénom du parrain ou de la marraine. Celui du père ou de la mère n’est donné qu’à très peu d’enfants, et lorsque c’est le cas, il est juxtaposé à celui des parrains et marraines. Le parrainage étant choisi assez souvent dans la famille proche et de multiples alliances matrimoniales réunissant les familles de Saint-Vallier, il en résulte une continuité dans le choix du prénom, et la prédominance de certains d’entre-eux : plus de la moitié des garçons se prénomme Honnoré, Antoine, Pierre, Jean ou Joseph, plus de la moitié des filles s’appelle Marie, Catherine, Marguerite, Anne ou Jeanne.
La répartition saisonnière de la nuptialité répond à deux impératifs, l’un d’ordre économique, l’autre religieux : on se marie peu en été, période des travaux des champs, davantage en octobre, une fois passée la Saint-Michel, les baux étant renouvelés, les dettes payées, les recettes encaissées à cette date. On se marie surtout pendant les mois de novembre et février, qui précèdent les périodes de l’Avent et du Carême, prohibées par l’Église. La répartition hebdomadaire des mariages répond aux mêmes impératifs : on ne se marie pas le vendredi, jour « maigre » où l’on ne peut festoyer, et rarement le dimanche, la fête publique ne devant pas se mêler à la fête privée, mais le jour férié permettant les préparatifs de la noce, on préfèrera se marier le lundi. Les témoins sont majoritairement de la classe d’âge des mariés, la parenté étant plus proche pour les témoins de l’épouse (les frères sont les plus nombreux) que de l’époux (les cousins sont les plus nombreux). Les femmes sont admises tardivement à garantir le mariage. Contrairement à une idée reçue, l’âge du mariage est plutôt élevé (28,9 ans pour les hommes et 25,2 ans pour les femmes) et si l’écart est bien réel, l’image du vieux barbon épousant une très jeune fille, véhiculée depuis Molière et Beaumarchais, reste une exception.
Avec une espérance de vie de 38,6 ans pour les hommes et de 41,9 ans pour les femmes, Saint-Vallier ne s’écarte pas de la moyenne constatée dans les autres localités de la région. Un chiffre aussi bas est la conséquence d’une énorme mortalité infantile et ne signifie pas que les adultes ne puissent atteindre un grand âge. Après la terrible hécatombe de l’enfance, la mortalité des adultes est relativement faible, seuls les plus robustes ayant survécu. On constate alors un certain déséquilibre entre les sexes : une surmortalité féminine entre trente et quarante ans  (mort en couches ou de fièvres puerpérales), une surmortalité masculine entre quarante et cinquante ans (mort par accident ou usure prématurée pour les métiers les plus difficiles). La mortalité périnatale est particulièrement sensible en hiver, ce qui peut s’expliquer, outre les conditions de logement des plus pauvres, par la coïncidence avec la période de plus forte natalité. Au contraire, une fois cette période critique passée, les décès d’enfants sont plus nombreux en été, et cela particulièrement pour ceux qui ont dépassé l’âge d’un an, délaissés à cause des travaux des champs et victimes de maladies provoquées par l’insalubrité des eaux. L’analyse de la mortalité juvénile fait apparaître une recrudescence des décès entre deux et trois ans, c’est-à-dire au moment du sevrage, très tardif car il constitue le moyen contraceptif le plus usité.
Si la mortalité infantile touche toutes les catégories sociales, les enfants trouvés, bien que peu nombreux, confiés à des nourrices par des parrains de fortune, meurent rapidement : aucun des enfants mentionnés dans le registre des baptêmes comme étant nés de parents inconnus n’a dépassé l’âge de deux ans, victimes probables d’une négligence provoquée par la réprobation que suscitaient les naissances illégitimes.

 

Vendredi 22 février : M. Claude Marro, Les rues du Cannet, origines et histoire

La prise de possession d’un territoire passe par sa désignation. On peut attribuer aux premiers occupants pré-romains l’origine du mot Cannet, comme celui de Cannes, qui désigne un site en hauteur. C’est au même registre du paysage naturel qu’appartiennent les noms des quartiers, apparus  dès le Moyen Âge : Piccolaret, Pezou, Puade  formés sur le podium latin (la hauteur), Gour de Coule (la gorge), Cougoussoles (l’éboulis), l’Aubarède (la peupleraie), la Tousque (le bosquet), Garibondy (le taillis). À la langue provençale se mêle le Figon, apporté par les familles qui repeuplent le Cannet : les Danys, Calvys, Escarras, Michels, Gallou, donnent leur nom aux hameaux et aux chemins qui y conduisent, aux travaux qu’ils réalisent : la Tour, le Four, les Voûtes, les bergeries (sous les formes Jas, Juas, Jaïne), les champs (Campon, Campelières).
Ces noms ancrés dans l’histoire locale sont retenus en 1889 par la commission chargée de la dénomination officielle des rues, qui exclut les noms politiques ou de personnalités. Cette règle est transgressée cinq ans plus tard, lorsqu’à la mort du Président de la République, le récent  boulevard de la Foncière devient le boulevard Carnot. L’expansion urbaine entraine l’ouverture de voies nouvelles, qui reçoivent le nom de personnalités du monde politique, littéraire, artistique, scientifique, avec parfois un certain esprit de système : les rues Sévigné, Grignan, Simiane réunissent dans le même quartier trois générations d’une même famille d’écrivains épistoliers. D’illustres résidents ou visiteurs du Cannet sont honorés (le docteur Pietra Santa, véritable « découvreur » de la cité, Prosper Mérimée, la reine Victoria), tandis que des propriétaires (Goupillères, Howarth, Lecerf…) donnent leur nom au rues desservant leur lotissement. La ville, qui perd de son caractère en s’étendant, joue sur la « couleur locale » en évoquant Mistral et Aubanel, en faisant appel à la nature provençale : apparaissent alors les Cigales, les Lauriers, les Lentisques, les Myrtes, les Mimosas, ce dernier particulièrement mal choisi, pour une rue du Four à Chaux où cet arbre exotique pousse difficilement. Un souci d’élégance pousse la municipalité à rebaptiser Rocheville ce quartier ouvrier en 1930.
Comme partout en France, le gouvernement de Vichy fait disparaître le nom de personnalités emblématiques du régime précédent, qui seront pour la plupart rétablis à la Libération. Dans les années 1960 s’ouvre une nouvelle phase de croissance urbaine. La sociologie des nouveaux Cannettans joue un rôle déterminant dans la dénomination des rues où les rapatriés d’Afrique du nord s’installent en nombre : des plaques célèbrent l’armée d’Afrique à travers les noms de Juin, Koenig, Bir-Hakeim. Cependant, dans la plupart des cas, les usages d’attribution restent inchangés malgré une législation moins contraignante. Le caractère provençal de la cité est toujours affirmé (rues Pagnol, Giono), tout en marquant son ouverture sur le monde en signalant dans la toponymie urbaine les villes qui font l’objet d’un jumelage.

 

Samedi 16 mars : M. Robert Verlaque, Giuseppe Garibaldi, le héros des Deux Mondes.

L’enfant de Nice, qui préfère aux études la vie de marin, prendra des engagements paradoxaux au cours de sa carrière aventureuse. Au cours de ses premiers voyages en Méditerranée, il rencontre des saint-simoniens et aussi des partisans de Mazzini, qui forment son esprit : il se voudra à la fois révolutionnaire cosmopolite et patriote italien. En 1834, l’échec d’une insurrection à Gênes l’oblige à s’embarquer pour le Brésil. Le futur artisan de l’unité italienne soutient successivement la république sécessionniste du Rio Grande do Sul contre le gouvernement central, puis le maintien de l’indépendance uruguayenne contre les visées unificatrices de la  Confédération argentine. Il adopte alors la chemise rouge que portaient les ouvriers des abattoirs de Buenos-Aires.
En 1848, c’est en héros qu’il retourne dans une Italie divisée et sous domination autrichienne, à l’annonce du « printemps des peuples ».  Bien que républicain, il offre son épée au roi de Piémont-Sardaigne, seul monarque de la péninsule considéré comme libéral, puis  part en Italie centrale où il participe à la naissance d’une éphémère République romaine. C’est un échec qui entraine un deuxième exil : redevenu marin, il parcourt le monde pendant huit ans, avant de s’installer sur l’île de Caprera. La deuxième guerre d’indépendance italienne lui fait reprendre les armes dans l’armée sarde. Il contribue à la conquête de la Lombardie, puis démissionne pour soutenir le rattachement des États d’Italie centrale au Piémont, malgré la convention d’armistice avec l’Autriche. Élu député de Nice en 1860, il démissionne un mois plus tard pour protester contre son rattachement à la France, puis participe à la légendaire expédition des Mille, qui donne Naples et la Sicile au nouveau royaume d’Italie. Sollicité par le gouvernement de l’Union pour participer à la guerre de Sécession, il ne veut pas quitter l’Italie dont l’unité est encore incomplète. Sa nouvelle « croisade pour Rome » en 1863, l’oppose cette fois aux troupes françaises qui défendent les États pontificaux. Blessé à l’Aspromonte, il s’exile de nouveau et revient en 1866 pour participer à la conquête de la Vénétie, lors de la guerre austro-prussienne, mais succombe encore une fois au « mirage romain ». La Ville éternelle tombera en 1870 sans son aide, devant l’armée régulière italienne, lors de la guerre franco-prussienne. Garibaldi rejoint alors l’armée de la IIIe République naissante. Il est élu député français sans avoir fait acte de candidature. De retour en Italie, il participe jusqu’à sa mort à la vie politique comme député italien.
Il était difficile de présenter en peu de temps un homme à la personnalité aussi complexe, à la vie aussi aventureuse, dans une Italie dont  l’histoire peut paraître confuse, mais que le conférencier a su éclairer par l’utilisation de nombreuses cartes, et rendre attrayant par une riche iconographie et des aperçus sur la vie privée du « héros des Deux Mondes ».

 

Samedi 13 avril : sortie botanique sur les « Falaises d’Azur ».

Euphorbe arborescent
Euphorbe arborescent

Dans le parc naturel de la Grande Corniche, formant un balcon au dessus de la mer, le secteur de la Revère domine Eze et La Turbie, à 700 m d’altitude. Il  bénéficie d’un microclimat brumeux, qui entretient par son humidité  une végétation d’une densité étonnante, sur un karst méditerranéen qui ne porte habituellement qu’une maigre garrigue. Lentisque, ciste cotonneux, genévrier cade, térébinthe, lierre arborescent, « garoupe », forment l’essentiel de la strate arbustive et buissonnante à l’adret (quelques cistes à feuille de sauge, caractéristiques des terrains acides, se développent sur des chailles gréseuses) ; à l’ubac  le charme-houblon, dont c’est la limite occidentale, et le frêne à fleurs sont plutôt caractéristiques de l’étage méditerranéen montagnard. À l’abri poussent encore de rares nivéoles, reliques de l’ère glaciaire, dont l’aire est limitée entre Nice et Vintimille, tandis que les espaces herbeux portent des muscaris et des orchidées (orchis, ophrys). Notre guide, Alain Nissim, attire notre attention sur de nombreuses plantes médicinales ou comestibles: fumeterre, souci des champs (calendula), fragon, fougère officinale, mais aussi poireau, ail, asperge, fenouil, salsifis, chou sauvages.

Niveole
Niveole

Visité l’après-midi, le quartier de Saint-Michel à Villefranche, d’altitude beaucoup moins élevée, montre des pentes colonisées par l’euphorbe arborescente. Le climat d’abri particulièrement doux de ce secteur permet au caroubier d’y pousser de façon spontanée, ainsi que le très rare Lavater. Si l’on y rencontre le jasmin sauvage arbustif (jasminus fructicans) qui est une plante indigène, l’agave ou le figuier de barbarie qui poussent aujourd’hui spontanément ont été introduits à l’origine dans les jardins du littoral.

 

 

 

 

 

 

Samedi 11 mai : Saint-Tropez

La citadelle de Saint Tropez
La citadelle de Saint Tropez

Depuis sa fondation légendaire, comme beaucoup de stations portuaires qui s’échelonnent le long de la « voie héracléenne », Saint-Tropez est un port de pêche actif (une prud’homie de pêche y subsiste),  un important lieu d’échanges (en franchise jusqu’à sa suppression par Colbert), mais a aussi joué un rôle de protection, comme l’indiquent les fortifications successives. S’il reste peu de traces de l’enceinte médiévale, sauf la tour du Pourtalet, la citadelle construite par le duc d’Épernon au début du XVIIe siècle et réaménagée lors de la guerre de Succession d’Autriche perd ensuite son importance stratégique mais domine toujours les maisons du village, à l’architecture caractéristique : de vastes ouvertures en arcs surbaissés donnent accès aux entrepôts et aux boutiques, dominés par deux étages d’habitation et un grenier. Quelques portes de serpentine sombre, dans le goût maniériste, indiquent la demeure d’un notable. La représentation du saint patron de la ville est omniprésente, sur la façade de l’église paroissiale qui conserve aussi un buste reliquaire porté en procession lors de la célèbre « bravade », mais aussi sous forme d’oratoire dans une rue proche.

Décor maniériste
Décor maniériste

L’Annonciade, ancienne chapelle de pénitents dont le statut se rapprochait des ordres de rachat (la piraterie était un danger permanent), devient un atelier de fabrication de voiles au XIXe siècle, puis le célèbre musée qui abrite les œuvres réunies par Georges Grammont. La collection permanente présente les peintres ayant résidé à Saint-Tropez, à la suite de Paul Signac : ils appartiennent au « pointillisme » (mais ne faudrait-il pas parler plutôt de néo-impressionnisme ?), avec Seurat, Signac, Cros, aux Nabis avec Vuillard mais aussi Bonnard, aux Fauves avec Vlaminick, Marquet, van Dongen (qui n’était pas encore un peintre mondain) et dans une certaine mesure Camoin. On se rapproche de l’abstrait avec Dufy ou les toiles d’un « cubisme orphique » de Delaunnay, on revient au figuratif avec les Matisse du « retour à l’ordre » qui suit la Grande Guerre, à l’expressionnisme mystique de Rouault.
L’Annonciade abrite actuellement une exposition temporaire consacrée  aux paysagistes de l’école de Marseille. Longtemps éclipsés par la renommée de Cézanne, Van Gogh ou Gauguin qu’ils ont précédés, les premiers paysagistes marseillais qui apparaissent sous le Second Empire sont d’abord, avec leur maître Émile Loubon, des naturalistes au carrefour de plusieurs influences : romantisme et réalisme, lumière d’Italie et orientalisme dans une vision du « Sahara marseillais » qui fait découvrir une Provence exotique, loin des campagnes humanisées ou des ruines antiques que recherchaient les voyageurs du siècle précédent. La composition du tableau tend à se détacher de la photographie, alors en plein essor : vues panoramiques où des lignes convergentes guident le regard (Un dimanche à Endoume), que l’on retrouve chez Paul Guigou (Promeneur face à Marseilleveyre), contre-plongée dans des couleurs vives avec Jean-Baptiste Olive, qui appartient à la génération suivante. Chacun développe alors ses thèmes de prédilection et ses techniques : on peut opposer les lignes d’horizon très basses de Félix Ziem (Tartane sur le canal de Caronte)  à la construction photographique de Garibaldi, sa touche légère au travail sur la matière d’Adolphe Monticelli, qui dépasse la vision réaliste pour saisir tous les aspects de la lumière provençale et se rapproche de l’impressionnisme, auquel il faut rattacher Charles Camoin, bien que se dernier ait souvent été assimilé aux Fauvistes. C’est à cette école qu’appartiennent René Seyssaud et Auguste Chabaud, chez qui la couleur ordonne la forme, ou encore Louis Vermilhan. Une visite-conférence magistrale où Madame Pellissier a su guider notre regard avec beaucoup d’intelligence.

 

Samedi 22 juin : La Tour-sur-Tinée, Clans

Les villages du haut-pays niçois sont remarquables par la richesse de leurs églises paroissiales. Leur construction, le plus souvent médiévale, s’orne d’une façade et d’un décor intérieur réalisés postérieurement dans le style baroque.  Les chapelles rurales ou celles construites par les confréries de pénitents, beaucoup plus modestes dans leurs proportions et leur décor extérieur, possèdent fréquemment des fresques qui peuvent recouvrir entièrement leur unique nef. Ces caractères, largement décrits dans de nombreux ouvrages, se vérifient ici.clans_1
À La Tour, village bien connu pour ses façades en trompe l’œil, la paroissiale Saint-Martin abrite plusieurs tableaux de bonne facture, entre autres un mystère du rosaire dans le style génois et des scènes bibliques dans le goût caravagesque. D’autres tableaux, comme le saint Jean-Baptiste représenté à la page suivante, d’une réalisation moins habile, ont été entreposés à la sacristie, entre des meubles d’époque Louis XIII.
La collégiale Sainte-Marie de Clans, construite sur deux nefs médiévales accolées, garde encore une fresque représentant une scène de chasse. Un petit musée d’art sacré, installé récemment, abrite de riches objets liturgiques. Notre guide, Richard David, a su les dater et en situer l’origine.
clans_2Les fresques de la chapelle des pénitents, à La Tour, représentent la passion du Christ dans le style des primitifs italiens et aussi une frise des vices et des vertus, motif que l’on retrouve à Clans chez les pénitents noirs et à la chapelle Saint-Michel, ici réalisées par Andrea della Cella, fresquiste qui a souvent reproduit ce sujet, entre autres à Roure où nous les avons visitées (voir nos Annales 2011). La richesse des lieux de culte de la montagne niçoise témoigne de la piété de ses habitants, mais aussi d’une activité économique intense, reposant ici sur l’exploitation du bois et la culture de l’olivier, outre les productions vivrières. À La Tour, le moulin à huile ancien, possédant encore son mécanisme de pression à froid et sa ressence, ainsi que ses bassins de décantation, illustre parfaitement cette industrie, tandis que les pentes qui entourent le village, découpées en terrasses aujourd’hui gagnées par l’herbe, sont autant de témoins d’un passé révolu.

 

Du 23 mai au 1er septembre, au siège de la Société, Minéraux et fossiles par Richard David.

expo_mineraux_1

Expert en pierres précieuses,  M. Richard David a réuni une importante collection de minéraux et de fossiles dont il a exposé une partie au siège de notre  Société. Parmi les spécimens présentés, quelques pièces d’une qualité exceptionnelle, comme une remarquable tranche de bois silicifié provenant des États-Unis, ou une vertèbre de dinosaure de Madagascar. Mais l’exposition fait la part belle aux richesses de la géologie locale : bois silicifié de Biot, devenu rare aujourd’hui, lithophyses de l’Estérel, améthystes, nombreuses ammonites des Préalpes de Grasse et de Digne, dont des spécimens déroulés. Une vitrine abritait des pierres précieuses et semi-précieuses, ainsi que des cristaux rares.

expo_mineraux_2

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 28 septembre : forum des associations historiques et scientifiques des Alpes-Maritimes, maison des associations, 9 rue Louis Braille à Cannes.

Cette manifestation, initiée en 1986 par la délégation du CTHS, réunit chaque année les associations historiques du département, à l’invitation d’une d’entre elles. Notre Société en a reçu la charge en 2013, avec l’aide des Amis des Archives de Cannes. Seize associations ont répondu à l’appel, venues de Cannes, Mougins, Grasse, Cabris, Saint-Cézaire, Nice,

Villefranche, Menton, Sospel, La Brigue, Villars-sur-Var. Lieu de rencontre et d’échanges, comme le montrait la réalisation commune de l’exposition Fortifications et ouvrages de défense dans les Alpes-Maritimes, qui sera publiée dans nos prochaines Annales, le forum a permis de faire connaître nos travaux à un nombreux public venu visiter nos stands et assister à la conférence donnée par Jean-Claude Poteur :

Le château médiéval dans les Alpes-Maritimes et ses environs.

Le conférencier rappelle d’abord qu’il n’existe pas d’exemple de château antérieur à l’an Mil dans notre département, d’après les sources archivistiques que sont les cartulaires de Saint-Pons, de Lérins, de Saint-Victor, de la cathédrale de Nice, comme cela a été montré par la révision récente de ces documents transcrits au XIXe siècle. Peu nombreux au XIe siècle, ils se multiplient ensuite, bien qu’il soit parfois difficile de savoir s’il s’agit d’un village fortifié (castrum) ou d’un château (castellum), les deux termes ayant été utilisés l’un pour l’autre. De plus, la première mention d’un château n’exclut pas une construction plus ancienne, qu’une étude sur le terrain peut seule confirmer. L’architecture n’est pas à prendre seule en compte, le type de site est un élément de datation, car les critères de choix ont varié dans le temps : au XIe siècle, les familles seigneuriales, réunissant une nombreuse parentèle et une domesticité importante, préfèrent s’installer sur de larges plates-formes isolées aux flancs escarpés ; au siècle suivant, le morcellement des fiefs et l’état de guerre plus fréquent conduisent à privilégier des sites plus réduits, défendables par une faible garnison. Les premiers sites sont alors abandonnés (ex : le Castellaras de Thorenc, premier château d’Andon, est transféré sur la crête qui domine le village actuel d’Andon). Le donjon peut constituer le château à lui tout seul, soit parce qu’il est petit, soit, comme à Saint-Honorat, parce qu’il en contient tous les éléments. Construits à l’origine au centre de l’enceinte, puis au point le plus éloigné de l’attaque, les donjons sont installés au XIIIe siècle du côté d’où vient l’attaque, guidée par le choix d’un site dissymétrique, comme à Grasse, où seront accumulés les obstacles : la défense devient active. Un dernier type est étudié, le château de siège, simple tour, proche d’un établissement à prendre : Clumanc, dans les Alpes-de-Haute-Provence, et Gréolières-Haute en sont de  bons exemples. La conférence était illustrée de nombreuse photographies, plans et coupes.

Samedi 16 novembre, conférence de Mme Méryl Sill : Les lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale dans l’arrondissement de Grasse

(texte publié dans le prochain tome des Annales)

Avant même la fin de la guerre, la volonté d’honorer et commémorer les disparus se manifeste partout en France, et l’arrondissement de Grasse, longtemps attaché à un département fortement attaché à la République, le Var,  ne fait pas exception. Promu « haut lieu de la mémoire républicaine », l’emplacement du monument aux morts n’est pas choisi au hasard. Si l’église paroissiale et le cimetière sont les premiers lieux d’accueil  des monuments levés avant la fin du conflit (Auribeau, Le Bar) ou quand l’espace central de la commune ne s’y prête pas (Vence), la proximité de la mairie ou de l’école indique la volonté  de marquer un « espace civique ». Dans les communes du moyen et haut pays, où la place de l’église est souvent celle de la mairie et de l’école, en même temps que le lieu le plus fréquenté, le choix parait évident. Dans les villes du littoral, plus cosmopolites, où l’urbanisation offre davantage de possibilités et permet  la concurrence, le consensus est plus difficile à établir, mais la municipalité aura toujours gain de cause face aux intérêts des particuliers, souvent groupés en comités. Le monument communal  est alors doublé par  un monument aux morts du quartier (La Bocca, Rocheville, les sept hameaux de Grasse) ou de la paroisse.

Le choix du lieu et les ressources des dédicants conditionnent la nature de l’hommage rendu, dictent l’ornementation. On recense beaucoup plus de simples plaques commémoratives dans les communes du haut et moyen pays ou dans les quartiers qu’au centre des villes du littoral ; l’installation du monument dans le cimetière autorise la présence de la croix religieuse, souvent accompagnée de la couronne mortuaire et de la palme du martyre, tandis que son érection sur une place publique atténue la connotation mortuaire au profit de l’exaltation civique : le « poilu » maintes fois représenté, depuis la gigantesque statue de pierre d’Antibes, jusqu’à celui, en fonte, du modeste village de Briançonnet, rappelle l’héroïsme du citoyen, souvent souligné par la Victoire ailée (on note la rareté des monuments pacifistes dans l’arrondissement).

Quelle que soit sa forme, le monument aux morts est devenu un élément constitutif du décor communal, mais aussi un important vecteur, didactique, pédagogique et idéologique.

 

Samedi 14 décembre, conférence par Danièle SABORET – Marie Rouanet ou défense et illustration du monde populaire en pays de langue d’oc, au XIXe et XXE siècles

Compte-rendu à venir

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *